Deux jeunes hommes, J. et Jo, ont juste eu une aventure d’un soir. Le lendemain, ils partent en balade dans les montagnes de Bergen. J. est aux prises avec la haine résolue de lui-même, tandis que Jo veut seulement être aimé. La randonnée devient rapidement un affrontement psychologique qui ne pourra trouver d’issue qu’au moyen d’une rare violence…

« Demning » (« Barrage ») deuxième long métrage de Paul Tunge, après « Kano » (2011), nous emmène dans ces montagnes reculées qui surplombent les fjords. La photographie, d’une qualité exceptionnelle, est au service de ce drame de l’égocentrisme et de la jalousie dans cette production mumblecore norvégienne. Comme dans « Kano » la distribution est limitée à deux personnages qui s’affrontent. « Demning », oeuvre naturaliste en milieu réel et actuel, est le médium d’un monde qui se définit par un commencement radical et une fin absolue. L’image y est pulsion, souvent simple, comme pulsion sexuelle ou pulsion violente. Celle-ci inséparable des comportements qu’elle produit : agressivité, sadomasochisme. Ici, l’image pulsion a deux signes : les symptômes, les mondes originaires, et les fétiches, le monde dérivé. Un film reptilien.