Edito

Nous y sommes : à chaque fois qu’un film LGBT dépasse la sphère du public d’initiés pour devenir un succès grand public, on pense qu’une vague de productions sur le même thème va suivre. Pourtant on a longtemps attendu sans rien voir venir un « effet » Brokeback Mountain. On ne peut pas parler d’un « effet » Moonlight car tous les films vus en 2017 ont été produits avant son succès inattendu, mais pourtant nous y sommes : nous vivons bel et bien un âge d’or du cinéma LGBT, qui peut désormais conjuguer succès d’estime et carton au box-office. Ainsi, nombre de productions d’envergure apparues cette année ont pour sujet des personnages LGBT, chose encore rarissime il y a peu.

Et il faudrait vraiment être rabat-joie pour ne pas se réjouir de l’incroyable carrière de 120 Battements par minute. Le troisième film d’un réalisateur encore peu identifié, sans star, avec pour sujet un thème aussi effrayant pour le public que le sida : rien ne laissait présager que le film de Robin Campillo deviendrait l’événement du festival de cannes avant de  déferler dans les salles provoquant un raz de marée au box office. Ainsi, il nous paraissait plus qu’essentiel de rendre hommage nous aussi à Act Up et à toutes les personnes qui ont fait cette lutte, et de prolonger le travail entamé par le film.

Notre combat pour la visibilité avance et il faut s’en féliciter, mais le chemin est encore long pour venir à bout des préjugés et vivre en harmonie dans une société qui accepterait sans condition les multiples identités de ses citoyens.

Cyril Legann — Président

Marvin d’Anne Fontaine

The Misandrists
de Bruce LaBruce

Panorama Brésil

Body Electric
de Marcelo Caetano

Chéries-Chéris a perçu comme une évidence la nécessité de poursuivre le travail de mémoire entamé par 120 battements par minute. Aussi, nous avons décidé de rendre hommage à act up et à ses membres fondateurs à travers une programmation spéciale qui met en avant un film de l’année ou du patrimoine ou qui explore un aspect singulier de la lutte contre le VIH. Ces séances quotidiennes seront  accompagnées de rencontres et de débats, autour de films tels que le documentaire Portrait d’une présidente de Brigitte Tijou ou les fictions After Louie de Vincent Gagliostro, Zero Patience de John Greyson…

En ouverture, le 14 novembre, Seule la Terre de Francis Lee, une histoire d’amour charnelle et brutale dans la campagne anglaise, sélectionné à Sundance et Berlin. En clôture, le 21 novembre, le très attendu Marvin d’Anne Fontaine, porté par un jeune acteur plein de promesses, Finnegan Oldfield.

Parmi les films en compétition, le nouveau Bruce LaBruce, The Misandrists, qui ne laissera personne indifférent ; Beach Rats d’Eliza Hittman, dans la veine des films de Larry Clark ; Call Me By Your Name de Luca Guadagnino, à la sensualité revigorante ; et enfin, Battle of The Sexes de Jonathan Dayton et Valerie Faris, qui se révèle indispensable sur la question féministe.

Par ailleurs, la compétition court-métrage s’enrichit cette année d’un vote du public : chaque spectateur pourra ainsi voter pour son court-métrage préféré après chaque séance.

À noter cette année, un focus sur le Brésil : 3 fictions et 7 courts-métrages, suivis de rencontres et de débats autour de la situation politique et sociale du pays.

Le Festival vous réservera aussi de multiples surprises. Parmi elles, deux
événements très « camp » articulés autour de plusieurs animations : une séance pyjama avec la diffusion de clips musicaux et de Lolita malgré moi, et une soirée Rupaul’s Drag Race, avec la projection de trois épisodes choisis par les internautes. En bref, de la convivialité et des cadeaux à gagner !

Matthieu Rosset (Programmateur et Délégué Général) et toute l’équipe chargée de la programmation : Cyril Legann, Chriss Lag, Olivia Chaumont et Laurent Bocahut (fictions et documentaires) ; Francisco Bianchi et Melissa Maitrel (courts métrages), Loïc Dimitch (assistant).

La compétition