Dans un Cambodge encore hanté par les crimes des khmers rouges, Mirinda, travesti français de 45 ans, se prostitue dans les bas fonds de Phnom Penh. Sa rencontre avec une fillette issue du trafic éveille peu à peu chez lui un sentiment de paternité.

Nathan Nicholovitch, cinéaste né à Villeurbanne en 1976, réalise avec « De l’ombre il y a » (Acid Cannes, 2015) son deuxième long métrage après « Casa Nostra » (Acid Cannes, 2012) et les courts « No Boy » (2012), « Chacun son camp » (2003) et « Salon de beauté » (2000). La performance de David D’Ingéo dans le rôle principal de Mirinda, inouïe, hallucinante, animale,  « associée volontiers au policier de « Bad Lieutenant » (Abel Ferrara), ou au personnage de « Série Noire » (Alain Corneau), compose une figure originale et contemporaine qui porte les stigmates de notre temps et susceptible de révéler un état du monde dont il traverse les couches les plus délabrées » (N. N.). En effet Miranda captive et ne nous lâche plus, pour toujours. Œuvre extrêmement puissante construite autour de Miranda et de Phnom Penh, elle est l’alchimie d’un réalisateur de génie, d’un rôle déjà culte, et d’un pays à la vivacité  extraordinaire au destin pourtant sacrifié. « De l’ombre il y a » ne doit être raté sous aucun prétexte, film brûlant et chef d’œuvre dérangeant. « S’il y a de l’ombre, c’est qu’il y a aussi du soleil », film phare qui nous emmène vers le futur du cinéma aux revendications et à l’audace au service de la paternité, des peuples et de l’universel.

En présence de l’équipe du film. Séances suivies d’un débat.