Mabel, une femme muxe mexicaine, revient à Juchitan, la ville où elle est née sur la côte pacifique, dans l’isthme de Tehuantepec, quand elle apprend que son amie muxe, Dani, a été assassinée. Éprouvée par le décès soudain et mystérieux de Dani, elle rend visite à la police locale qui semble se désintéresser de l’enquête, puis visite l’endroit sur la plage où le corps a été retrouvé, le salon de coiffure, la maison de Dani. Étrangement, personne ne s’intéresse au crime (la police est-elle transphobe ou seulement inefficace ?) à l’exception du très séduisant Modesto qui prête une oreille attentive aux problèmes de Mabel, et qui pourrait même lui faire oublier le danger…

Dans la culture zapothèque (État d’Oaxaca, Mexique), une muxe (muxhe), est une personne à l’identité de genre assignée masculine qui dès l’enfance adopte occupations, maquillage et habits féminins. Cette tradition est attestée depuis l’époque précolombienne, acceptée et valorisée. Le réalisateur Rigoberto Perezcano (« Norteado », 2009) réussit avec « Carmin Tropical » un thriller transgenre tout à fait inattendu, mettant en lumière cette tradition culturelle ancestrale de l’assignation de genre, dans des décors paradisiaques et servi par un comédien, José Pescina, à la beauté et à la finesse de jeu à couper le souffle.