Mexico, début des années 90. Bruno grandit dans une famille joyeuse et insouciante. Le jour de ses onze ans, il apprend que son père est malade, mais tout le monde continue à chanter et danser pour conjurer le sort, comme dans une chanson de salsa. Trente ans plus tard, Bruno filme. Il cherche à se souvenir de ces six mois dans la maison rose et bleu de son enfance.
Avec une audace formelle remarquable, Six mois dans la maison rose et bleue brouille les frontières entre fiction et documentaire pour revisiter l’enfance de son réalisateur, Bruno Santamaría Razo. À travers un dispositif de mise en abyme aussi inventif que bouleversant, le cinéaste explore la façon dont se construit une histoire intime lorsque les images du passé sont fragmentaires et les paroles incomplètes. En revenant sur les années 1990, il évoque avec une grande sensibilité l’ombre du sida qui plane sur ses proches après le diagnostic présumé de son père. À hauteur d’enfant, les non-dits, les peurs et les silences deviennent les véritables moteurs du film, tandis que la musique, les couleurs et les gestes du quotidien composent une matière profondément sensorielle. L’œuvre dépasse ainsi le simple récit initiatique pour proposer une réflexion délicate sur la transmission, l’absence et la difficulté de saisir une vérité familiale, tout en affirmant le pouvoir du cinéma à faire ressurgir ce qui semblait perdu.