Au cœur de l’effervescence pop de la fin des années 1980 et tandis que progresse l’épidémie de VIH, Boaz, 12 ans, découvre une vérité dévastatrice sur le père qu’il idolâtre, menaçant l’équilibre de sa famille. Commence alors pour lui un long cheminement afin de panser ses blessures et de reconstruire la relation à laquelle il a toujours aspiré.
Après le remarqué Karaoke, Moshe Rosenthal confirme son talent avec ce drame familial d’une grande sensibilité, qui interroge avec finesse la filiation, les injonctions liées à la masculinité et les blessures provoquées par les non-dits. À travers le regard de Boaz, à l’aube de sa bar-mitsva, le cinéaste saisit le bouleversement d’un enfant découvrant l’homosexualité de son père dans une société traversée par la peur et les préjugés. Sans simplifier les sentiments de son jeune protagoniste, il restitue avec justesse sa confusion, sa colère et ses interrogations. Le film observe également la manière dont les silences fragilisent durablement les êtres, tout en laissant entrevoir la possibilité d’une réconciliation. Porté par des interprétations bouleversantes, une reconstitution minutieuse de l’époque et une mise en scène élégante, qui glisse du souvenir idéalisé vers un réalisme plus sombre, Tell Me Everything est un récit d’apprentissage aussi intime qu’universel.