Depuis la mort de sa petite amie, Liz dissimule une part d’elle-même. Lorsqu’elle retrouve des amis pour un week-end, des désirs qu’elle croyait enfouis refont surface. La tension monte, la méfiance s’installe et le groupe bascule dans une spirale de paranoïa et de violence. À mesure que chacun tente de comprendre ce qui se joue, le secret de Liz semble avoir réveillé une force qu’aucun d’eux ne peut maîtriser.
Présenté dans la section Generation 14plus de la Berlinale, No Salgas est un premier long métrage de genre aussi terrifiant que politique. La réalisatrice emprunte au film de possession et au thriller horrifique pour donner corps aux blessures du deuil, à l’homophobie et à la violence des normes imposées. À mesure que les liens entre les personnages se fissurent, peur, désir et culpabilité deviennent impossibles à démêler. La menace surnaturelle fait alors écho à une autre, plus familière : celle qui pousse à taire ce que l’on est pour continuer à être accepté. À la croisée du fantastique et du drame queer, le film transforme l’horreur en une puissante métaphore de l’oppression intériorisée. Une œuvre intense et audacieuse, qui trouve dans le cinéma de genre un élan de résistance et d’émancipation.