Mamma Roma, une prostituée d’âge mûr, est libérée de son souteneur à l’occasion du mariage de celui-ci. Elle reprend alors avec elle son jeune fils qui ne sait rien de son ancienne condition, s’installe dans un quartier populaire de Rome et elle devient vendeuse sur un marché. Alors qu’elle nourrit des espoirs de réussite pour son fils, celui-ci commence à traîner avec les jeunes désoeuvrés du quartier…

Réalisé après « Accatone » (1961), Pier Paolo Pasolini reprend ici les thèmes souvent exploités dans le néoréalisme italien : l’errance, les terrains vagues, les immeubles, le prolétariat, la prostitution, l’adolescent oisif. Anna Magnani crève l’écran dans ce rôle de femme au caractère affirmé qui se rebelle contre la fatalité de son destin tragique.

S.C.R.I.B.E., scénariste du film « The Smell of Us » (Larry Clark, 2014, Grand prix du festival Chéries-Chéris 2014) a choisi « Mamma Roma » pour développer la master class que nous lui avons proposée. À l’issue du film, S.C.R.I.B.E. administrera son cours de cinéma sur le thème « Larry Clark et Pasolini » :

« Jusqu’à sa mort, « Pa’ », le prophète enragé, n’a cessé les mises en garde contre la course aveugle à la modernité. Quelques quarante ans après sa mort, Larry Clark dépeint, dans son film-métaphore, « The Smell of Us », l’obsession de la jeunesse éternelle. Une jeunesse mondialisée, sans repère, en représentation constante, une jeunesse prostituée, dévorée par le consumérisme comme la présageait déjà « Salò ». Malgré des points communs, ce sont deux cinémas radicalement opposés dans leur conception du réalisme. Mais en rapprochant le regard Pasolinien de ce dernier film, en comparant les ragazzi d’autrefois et les kids parisiens, nous aurons l’occasion de nous questionner sur la modernité, la marginalité, la place du cinéma et sur une conception de l’idéal humain qui mériterait, en des temps pareils, une meilleure place dans le débat. » (S.C.R.I.B.E.)