Conte d’acteur n°1 : Isabelle H.

France / 26’ / 2013
Brice Michelini est persuadé d’être acteur, mais personne ne le sait. Sa présence est magnétique et bouleversante comme la jeunesse. Cela a changé depuis, mais au moment où je le filme – il a vingt-quatre ans – il n’a encore jamais tourné, mais garde espoir, porté par son adoration pour Isabelle Huppert, ou Christophe Honoré. En dépit de sa jeunesse, Brice craint de passer à côté de son destin : comment accéder au milieu du cinéma ? Comment faire savoir à tous qu’il est acteur sans avoir le moindre début de carrière ? Faut-il accepter n’importe quoi, quitte à participer aux projets que l’on méprise ? J’ai voulu filmer un passionné se fantasmant acteur, et qui à cette occasion, devra comprendre qui il est.

Conte d’acteur n°2 : Éric R.

France / 26’ / 2014
Andy Gillet est un trentenaire qui a connu un début de carrière brillant. Ancien mannequin d’une rare beauté, il est choisi par le mythique Éric Rohmer pour interpréter le premier rôle de son ultime film, « Les Amours d’Astrée et de Céladon » ; et tourne successivement sous la direction d’Anne Fontaine ou de Zabou Breitman. Au même moment, sa présence singulière, androgyne, plaît au cinéma indépendant et expérimental, qui lui offre de très beaux rôles. Malgré ce départ exaltant, au moment où je le filme, la vie d’acteur n’est pas toujours simple : même si l’on tourne régulièrement, avec des réalisateurs que l’on aime, comme réussir à « en vivre » sans ce doute qui ronge tous les artistes ? J’ai voulu filmer un jeune acteur reconnu par la profession, mais qui a fait le choix difficile d’un cinéma exigeant.

Conte d’acteur n°3 : Jean-Luc G.

France / 26’ / 2014
Jean-Christophe Bouvet : acteur fétiche d’un certain cinéma expérimental français (de Luc Moullet à Paul Vecchiali, en passant par Jean-Claude Biette, André Téchiné, Jean-Luc Godard ou Maurice Pialat) accède par hasard à la notoriété grâce à son interprétation du Général Bertineau dans « Taxi 2 », « Taxi 3 » et « Taxi 4 ». Du jour au lendemain, les jeunes le reconnaissent dans la rue. Comment cet acteur qui se définit comme une « demi-star », appréhende-t-il son parcours, riche de deux cents films – mais principalement de rôles secondaires ? J’ai voulu filmer un acteur dont tout le monde connaissait le visage, et personne le nom.

Conte d’acteur n°4 : Federico F.

France / 26’ / 2015
Françoise Fabian, actrice culte de Rohmer, de Buñuel, de Malle, de Grangier, ne connut pourtant pas la notoriété illimitée d’une Catherine Deneuve – avec qui elle partageait l’affiche de « Belle de jour ». Pourquoi ? Malgré l’admiration que tous les cinéphiles ont pour sa carrière, tout porte à croire que Fabian fit passer, quelquefois avant le métier, sa vie privée et sa sérénité – à l’exemple de ce jour, où pour contenter Jacques Becker, son mari de l’époque, elle accepta de refuser un rôle proposé par Fellini dans « La Dolce Vita ». J’ai voulu filmer une très grande actrice, qui n’avait pas tout sacrifié à sa vie professionnelle.

Conte d’acteur n°5 : Arielle D.

France / 26’ / 2015
Arielle Dombasle est connue de tous les Français. Plus qu’une actrice, c’est un personnage, une muse que l’on observe, et qui nous inspire. Son naturel si artificiel a conquis Rohmer et Robbe-Grillet, mais aussi des réalisateurs de productions grand public, comme « Astérix et Obélix », ou « Un Indien dans la ville ». Arielle n’est pas uniquement actrice : elle est aussi cinéaste, et invente des images comme les dandys-poètes du siècle dernier. Comment faire la distinction entre le jeu de la scène et celui de la vie ? J’ai voulu filmer une actrice qui avait transformé en jeu son existence entière. (Arthur Dreyfus)

Séance suivie d’un débat avec Arthur Dreyfus.