Neuf personnes, gays et lesbiennes, âgées de 30 à 82 ans, racontent leur histoire de vie au travail. Une parole jusqu’ici peu entendue voire tue.

Du cadre dirigeant à l’employé, du fonctionnaire à l’agriculteur, ils représentent un panel d’une grande diversité professionnelle et socio-culturelle. Le monde du travail est un monde hiérarchisé, normé. Il s’est construit en valorisant la figure du mâle-blanc-hétérosexuel et bon père de famille. Comment les gays et lesbiennes, longtemps désignés comme hors norme, ont-ils composé avec cette réalité dans leur vie professionnelle ? Chaque intervenant.e témoigne d’une époque, d’un système de pensée et d’une morale avec lesquels il/elle doit composer. Les plus anciens racontent l’homosexualité impensée et impensable, les discriminations et l’obligation de se conformer, au risque du mal-être et de la schizophrénie. Les plus jeunes oscillent entre visibilité et invisibilité, entre optimisme forcené et dénonciation d’une homophobie flagrante ou sous-jacente. À ces portraits s’ajoutent des images d’archives qui retracent soixante ans d’évolution des moeurs en France au travail et dans la société civile : la répression à l’égard des gays et des lesbiennes, l’émergence des mouvements de revendications, la dépénalisation de l’homosexualité, les ravages du sida, la lutte pour l’égalité des droits, l’homoparentalité. Avec Monique Isselé (« Les Invisibles », Sébastien Lifshitz, 2012).

Séance suivie d’un débat avec la réalisatrice et protagonistes du film.